Yakov AYVAZ est né le 7 février 1946 dans la ville d'Yevpatoria en Crimée, dans une famille noble de musiciens professionnels, mère cantatrice d’opéra et père pianiste-compositeur.
Ses dons de musicien sont apparus très tôt et Yakov a commencé à suivre des cours de musique avec son père dès l’âge de 5 ans.
En 1954, il intègre l'école spéciale de musique de Saint-Pétersbourg pour enfants surdoués, dans la classe du professeur Zelikhman. L'année suivante, il poursuit sa formation dans la classe du professeur Golouboskaîa et de son assistante Mme Roubina.
A l’âge de 15-16 ans à cause de son origine noble et parce qu'il ne voulait pas adhérer au komsomol*, ce garçon surdoué commence à ressentir une pression de la part de l'administration de l'école et des difficultés de communication avec les professeurs prosoviétiques. Pour ne pas nuire à la réputation de l'école, il change d'école et suit des cours à l'école de musique de Rimsky Korsakov. Mais à partir de ce moment, on l’étiquette comme une personne suspecte politiquement, ce qui influence directement sa carrière de musicien. De ce fait, il n'était plus question pour lui d'une carrière de soliste.
En 1965, il entre à l'Institut de musique de Gniessinikh de Moscou qui forme les musiciens et les
professeurs de musique où il suit les cours des professeurs Grinberg et Kolvacio.
A la fin de ses études, en 1970, le conservatoire d'Etat de Kazan lui a offert un poste de professeur.
En 1973, l'Institut des Beaux-Arts de Rostov lui propose un poste de professeur.
Sa passion pour la musique et pour son métier l'entraîne dans une succession de concerts et lui fait espérer un développement ultérieur de sa carrière.
De 1974 à 1976, Yakov Ayvaz passe son doctorat de musique à Saint-Pétersbourg.
De 1977 à 1979, il est soliste du Philarmonique d'Ivanov où il initie un cycle de 7 concerts de
« L'intégrale des sonates de Beethoven» qu'il exécute à la perfection.
De 1979 à 1986, Yakov Ayvaz remporte le concours de « concertmaister » du philharmonique d'État de Moscou et commence peu à peu à obtenir le droit de jouer en soliste. Bien qu'il soit toujours suspect et que l'engagement politique des dirigeants du Philharmonique de Moscou soit important, il a obtenu le poste de soliste grâce au Comité des Arts de ce Philharmonique. La décision de ce Comité, selon le règlement soviétique, doit être validée par le Ministère de la Culture de la Fédération de la Russie. Or ce Ministère n'a pas entériné cette nomination. Yakov Ayvaz a été en butte aux persécutions et tracasseries dans l'exercice de sa profession, le faisant passer pour un arriviste et un mégalomane, l'auditionnant, de façon humiliante, dans des salles du Ministère, non prévues pour jouer des œuvres musicales ni en particulier pour des œuvres de solistes de piano.
En 1986, Yakov Ayvaz a dû abandonner son travail à la philharmonie et ses tentatives sans espoir de poursuivre sa carrière de soliste, étant considéré comme une personne suspecte dans la situation politique de cette époque. Ayant perdu tout espoir de se consacrer à sa passion, Yakov a dû cesser son activité de soliste. Cette période d'une durée de 9 ans est devenue une période d'infortune et de privation. Son talent brillant se répond par une grande souffrance de l'âme quand il se sait être « le musicien de Dieu» mais il n'a pas la possibilité même de penser à toucher son instrument aimé qu'il ne possède pas. Cette période à laissée une profonde plaie dans son âme de musicien. Il considère cette triste période comme une période d'inexistante.
Le destin amène Yakov à Tachkent dans ses recherches de travail. Il devient le soliste de la philharmonie Nationale D'Ouzbékistan. Cette une période d'une deuxième aspiration qui arrive. Yakov y trouve sa forme et fait son métier avec enchantement. Ces concerts de soliste y compris les concerts avec l’orchestre national d'Ouzbékistan lui apportent un grand succès.
Le cycle « l'intégrale des sonates de Beethoven» lui redonne vie. Les rumeurs d'un miracle venu de nul par attirent vite l'attention du public. Les représentants du corps diplomatique commencent à s'intéresser au musicien.
En 1997, Yakov reçoit l'invitation de l'Ambassadeur d'Italie en Ouzbékistan pour son concert de soliste à Benevento, petite ville dans les environs de Rome, Ce concert remporte un grand succès. Le chef d'Orchestre Italien Paolo Ciardi Ponziano invite Yakov pour ses capacités de musicien et lui offre la possibilité de jouer en tournée avec l'orchestre de Budapest en 1999. Cette même année, il vient en France pour une tournée tournée de soliste avec 6 programmes différents.
Le succès et l'amour du public deviennent ses compagnons permanents.
Ici en France, en 2000, il fait la connaissance de celle qui deviendra sa femme. L'artiste et la muse sont restés indissociables jusqu’en 2005.
L'intelligence, la profondeur incroyable de la reproduction des images musicales; la maîtrise en filigrane de sa technique d'exécution, sa disposition étonnante avec l'idée du compositeur, la palette très riche du timbre sont les traits primordiaux de Yakov. Yakov Ayvaz, c'est sans doute l'un des phénomènes uniques de l'art moderne de l'interprétation du piano qui mérite une grande attention.
Pendant ces deux dernières années, la géographie de l'activité de concert se développe (lentement mais sûrement). Il est allé jouer à plusieurs reprise en Belgique, une programmation pour l'Italie été 2003, en préparation une tournée Européenne, voire mondiale. Il est important de souligner la qualité et la diversité des œuvres et des programmes de concert de l'artiste. Ce sont des œuvres comme « Les Variations Goldberg» de Bach, « les Variations sur le thème de Diabelli de Beethoven », toutes et les 5 dernières sonates de Beethoven, les sonates de Schubert, Schun1aIll1, Chopin, Brahms, Liszt, Scriabine etc... Pendant la dernière année, les différents concerts: douze programmes différents.
Salle Gaveau, le 3 janvier 2008, Yakov Ayvaz vient d’inaugurer le deuxième centenaire de l’établissement prestigieux, en commençant par une des œuvres parmi les plus difficiles pour un pianiste : la Grande sonate N°29 en si bémol mineur de Ludvig van Beethoven. Il poursuit la soirée avec la Sonate en si mineur de Franc Liszt et joue à huit reprises devant les ovations de la salle enthousiaste.
Jeudi 10 janvier 2008, pour un nouveau concert Salle Gaveau, Yakov Ayvaz nous fera redécouvrir la sonate N°18 en ré majeur KV 576 d’Amadeus Mozart, la sonate N°3 op. 58 en si mineur de Frédéric Chopin, Gaspard de la nuit, trois poèmes pour piano d’après Aloysius Bertrand, Ondine – Le Gibet – Scarbo de Maurice Ravel et la sonate N°7 op. 83 de Sergueï Prokofief.
Yakov Ayvaz pars ensuite pour une série de concerts dans les Caraïbes puis en Allemagne avant de revenir à Paris pour un concert prévu au Théâtre des Champs Elysées.
* Komsomol : À cette époque, l'adhésion pour les jeunes à cette organisation était obligatoire car le komsomol était l'organisation officielle de la jeunesse en URSS. Les non-adhérents étaient
considérés comme des exclus et ne pouvaient, en aucun cas, pas faire carrière.
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